L’un de nos motifs pour manger plus, ou manger en excès, c’est bel et bien la peur d’avoir faim. Nous allons explorer les composantes de cette peur, et comment l’apaiser – afin de manger selon notre faim.

Avez-vous déjà ressenti la peur d’avoir faim?

Si oui, je vous invite à observer ce que cette peur a comme influence sur votre alimentation :

  • Envie de plus de salé
  • Envie de plus de sucré
  • Envie d’aliments plus « riches »
  • Envie de se resservir
  • Envie de prendre un ou deux dessert(s)
  • Envie de continuer à manger sans avoir réellement faim

Généralement vous pourrez observer cette peur à la fin (à la faim ! ) d’un repas.

Et cette peur, à quel moment, dans quelles circonstances apparaît-elle?

Par exemple, votre peur de la faim peut apparaître quand :

  •  Vous n’allez pas avoir de pause dans votre journée
  • Vous allez dans un endroit sans possibilité de vous restaurer
  • Vous allez voyager dans un train, dans un avion
  • Vous n’allez pas manger à vos horaires habituels

Ce sont là des raisons « factuelles » d’avoir faim. Comme l’homme préhistorique qui vivait des périodes de disette, notre corps n’aime pas manquer.

Il peut également exister des raisons « psychologiques » pour cette peur d’avoir faim, par exemple :

  • Vous n’osez pas sortir votre collation en présence d’autres personnes ou de vos collègues
  • Vous n’osez pas manger en dehors des horaires fixes « conventionnelles » des repas
  • Vos parents vous ont répété de manger suffisamment ou plus (+) ou en excès, faute de quoi vous aurez faim dans la journée
  • Vous pensez que votre corps ne supportera pas de tomber en hypoglycémie (*voir note de bas d’article pour les diabétiques)
  • Vous avez peur de manquer

Ces raisons, même si elles ne sont pas avérées, n’en restent pas moins réelles. Rien de sert de les repousser, elles sont bien là, à nous de les accueillir.

Les souvenirs douloureux de la faim

Les souvenirs des sensations physiques de la faim sont généralement à connotation douloureuse et négative:

  • Souvenirs de faim douloureux lorsque vous avez fait un (des) régime(s)
  • Souvenirs de faim ou de manque dans l’enfance
  • Souvenirs de faim pendant la nuit, avec l’impossibilité de se lever et de manger
  • Souvenirs de faim associés à une situation personnelle ou professionnelle stressante, où vous n’avez pas été « au top » en raison de votre faim

Ces souvenirs vont alimenter et venir renforcer votre peur ou votre angoisse d’avoir faim.

Les sensations physiques de la faim

Enfin, pour être complet, parlons des sensations physiques de la faim.

Les sensations de faim sont très personnelles et varient grandement d’une personne à l’autre. Elle peuvent être localisées à un ou plusieurs endroits du corps :

  • Au niveau de l’estomac : vide, gargouillement, lourdeur, tension
  • Au niveau de la bouche : salivation, amertume, bouche sèche
  • Au niveau des jambes : lourdeur, sensation de coton, fourmillements
  • Au niveau de la tête : mal de tête, difficulté de concentration, fatigue, bâillements
  • Au niveau des épaules : lourdeur, tension, relâchement

Ce ne sont ici que quelques exemples, certaines personnes m’ont rapporté des sensations physiques très anodines et cependant très réelles.

La faim n’est pourtant qu’un simple indicateur

Les sensations de faim sont généralement perçues négativement. Pourtant, la faim n’est qu’un simple indicateur qu’il va falloir manger dans quelque temps. La faim, c’est le corps qui nous signale de nous préparer à manger d’ici peu. Sauf en cas de maladies spécifiques comme le diabète, avoir faim n’est pas dangereux. C’est au contraire une invitation à aller à la rencontre de ses sensations physiques. Nous savons aussi qu’avec une bonne faim, les sensations de saveurs alimentaires sont plus intenses.

Alors, que faire?

Conseil 1 : emportez une collation

Mon premier conseil est logistique : faites vos courses en prévoyant quelques aliments de collation, et emportez-les avec vous. Rien que le fait d’avoir une collation avec vous va vous sécuriser, et de par la même, apaiser votre peur d’avoir faim. Voici quelques exemples de collation à emmener avec soi :

  • Un fruit facile à manger : pomme, poire, banane
  • Une compote à boire, sans sucre ajouté
  • Un morceau de pain
  • Un petit fromage se conservant à température ambiante
  • Noix, amandes, noisettes, graines sans sel ajouté
  • Un carré de chocolat noir 70%
  • Un aliment qui vous réconforte, que vous pourrez savourer « en pleine conscience » en étant attentif aux saveurs, aux sensations physiques qu’il peut procurer.

Vous pouvez consulter ici l’article sur Manger en Pleine Conscience en 10 étapes.

Conseil 2 : mesurez votre faim

Ensuite, pendant chaque repas et à la fin de chaque repas, je vous invite à mesurer votre faim « réelle », par exemple sur une échelle de 1 à 10 – 1 étant une faim inexistante et 10 une faim insupportable. Si votre faim est faible, mais que vous avez envie de continuer  manger, prenez 3 grandes respirations et plongez-vous à l’intérieur de vous-même pour éventuellement voir, percevoir, appréhender votre peur d’avoir faim.

Conseil 3 : prenez conscience de votre peur d’avoir faim

Prendre conscience de la peur de la faim, des moteurs de cette peur ET d’être attentif à la faim réelle sont des outils qui vous nous permettre d’atténuer notre peur d’avoir faim.

Conseil 4 : mangez en fonction de votre faim réelle

Manger en fonction de sa faim réelle, en mangeant avec une faim moyenne va permettre de nous sécuriser et d’apaiser notre peur d’avoir faim. Cela veut dire manger une ou des collations en dehors des heures officielles des repas – ce qui ne veut pas dire manger plus (+), mais bel et bien manger en fonction de la demande du corps. Au total, l’expérience montre que nous mangeons moins sur une journée lorsque l’on mange en fonction de notre faim réelle.

Ce n’est pas la faim qui déclenche la peur d’avoir faim, ce sont nos pensées et nos croyances

Michelle May

Nous voyons bien ici que ce n’est pas la faim qui déclenche la peur de la faim, ce sont nos  pensées, projections, idées, croyances, souvenirs à propos de la faim.

Savourons au présent! 

*note à l’attention des diabétiques : dans votre cas, en cas d’hypoglycémie, il est impératif de se resucrer et/ou de prendre une collation.

E-book gratuit : 5 axes de travail pour réparer la relation à son corps

Dans mon e-book, je vous propose 5 axes de travail de manière concrète et pratique, en vous proposant quelques prises de conscience sur nos fausses croyances autour du corps, de nos émotions et de nos pensées.

Non, être mal avec son corps n’est ni une fatalité ni une obligation !