Quelles sont les origines des fringales, craquages et autres compulsions alimentaires? J’aimerais vous faire part des 3 origines des craquages alimentaires que je constate avec mes clientes :

3 origines possibles

Je retrouve généralement ces trois origines à la source d’un trouble alimentaire compulsif chez mes clientes, que ce soient des fringales répétitives, de craquages réguliers, des compulsions, des comportements d’hyperphagie (manger en grande quantité) ou de boulimie :

  • Un déficit d’apports
  • La volonté de contrôler son alimentation
  • Des envies de manger émotionnelles

Explorons en détail ces trois origines. Elles sont intimement liées et elles sont souvent plus ou moins présentes toutes les trois, à des degrés variables.

1- Un déficit d’apports

Le déficit d’apport peut se trouver à différents niveaux. Il peut s’agir d’un déficit :

  • Energétique : le corps n’obtient pas assez de calories, l’apport est clairement hypothétique-calorique ;
  • Macro-nutritionnel : le corps manque d’une ou plusieurs catégories d’aliments, par exemple les féculents, les lipides, … ;
  • Micro-nutritionnel : le corps manque d’un micro-nutriment, minéral ou vitamine.

Cet apport déséquilibré s’accompagne souvent d’une absence de faim, ou d’une difficulté à la ressentir.

Cependant, le corps, lui, n’oublie pas qu’il a faim… il va donc, sous des formes très variées, nous « forcer » à manger. Par exemple, il peut s’agir d’une faim urgente qui apparait d’une minute à l’autre et qu’il faut assouvir le plus rapidement possible avec ce que l’on a sous la main. Il peut s’agir de fringales intenses voire de compulsions d’aliments spécifiques. Il peut s’agir de réveils nocturnes (« night eating syndrome »).

Le corps sait pourtant ce dont il a besoin, mais nous ne l’écoutons pas forcément.

« Garde ton corps biologiquement nourris avec l’énergie adéquate, sinon tu peux déclencher un reflex primaire de sur-manger »

Evelyne Tribole

 

2- La volonté de contrôler son alimentation

Ensuite, la deuxième origine des compulsions alimentaires peut être la volonté de contrôler son alimentation, appelée « restriction cognitive » par les professionnels.

Cette volonté de tout contrôler est sournoise, car elle échappe souvent à notre conscience. Cette « restriction cognitive » est appelée « gendarme alimentaire » en alimentation intuitive.

Or, ce « gendarme alimentaire » s’exprime à son aise dans les domaines suivants :

  • les régimes de restriction calorique ;
  • régimes dits de « rééquilibrage alimentaire » ;
  • l’alimentation dite « saine » ;
  • les jeûnes ;
  • les articles de magazines, de blogs, des réseaux sociaux ou des médias sont « les bons et les mauvais aliments pour la santé » ;
  • les applications type Yuka et malheureusement le Nutriscore ;

 

Le « gendarme alimentaire » créé ainsi des bons et des mauvais alimentsPrivations et frustrations font ainsi leur apparition. A force d’écouter le « gendarme alimentaire », notre corps n’y trouve plus son compte. S’ensuivent les fringales, craquages et autres compulsions alimentaires.

« Le gendarme alimentaire contrôle des croyances alimentaires déraisonnables créées par les régimes »

Evelyne Tribole

 

Mais cela ne s’arrête pas là. Notre « gendarme alimentaire » créé également un bon et un mauvais mangeur, en portant des jugements sur ce que nous sommes, notre comportement, notre allure physique, nos compétences. Le monde devient noir et blanc. C’est bien ou c’est mal. Manger parfait ou imparfait. Etre bon ou mauvais.

Le « gendarme alimentaire » nous fait rapidement devenir une « mauvaise personne ». Une personne « incapable ». S’ensuivent ensuite les sentiments de culpabilité, voire de honte.

L’estime de soi prend également une grande claque : « tu n’es pas capable », « tu n’as aucune volonté », « tu n’y arriveras jamais ».

Au final, toutes ces émotions et sentiments de culpabilité et d’auto-critique vont alors venir alimenter la faim émotionnelle… et le cercle vicieux ne s’arrêtera plus !

3- La faim émotionnelle

Enfin, la troisième origine des compulsions alimentaires peut être la faim émotionnelle. La faim émotionnelle nous fait manger des aliments sucrés, salés ou gras… rarement de la salade verte ! Et pour cause, les aliments de réconfort ont une fonction spécifique : procurer du plaisir pour apaiser des émotions trop intenses.

La faim émotionnelle, c’est le fait d’avoir envie de manger, mais sans ressentir de faim physique. Elle s’exprime généralement :

  • en dehors des repas, sous forme d’une envie intense de manger.
  • au cours d’un repas, quand on n’a plus faim, mais que l’on continue de manger.

Attention quand même à cette catégorie « faim émotionnelle ». Sans la nier, il est impératif de s’occuper en premier de l’origine 1 et de l’origine 2 avant d’incriminer la faim émotionnelle !

« Presque tout le monde peut manger en réponse à des émotions de temps en temps. Mais pour certains, ces déclencheurs émotionnels les submergent ».

Jean Kristeller, The Joy of Half a Cookie

 

Ce dont mon corps et mon coeur ont besoin

Pour conclure, dans ces trois origines, le corps (en y incluant la coeur) est détourné, oublié, ignoré. Les fringales, craquages et autres compulsions, c’est le corps qui s’exprime et qui met en place une stratégie de « perte de contrôle » pour obtenir ce dont il a besoin.

 

Comment y remédier?

Grâce à ces trois origines, ces trois racines, il est possible de travailler en profondeur pour trouver des éléments de réponse en écoutant son corps pour faire la paix avec son alimentation.

En d’autres termes, redevenir un Mangeur Intuitif. Manger en Pleine Conscience.

Ce travail est avant tout un chemin personnel, à l’aide d’outils et de professionnels spécialisés en Alimentation de Pleine Conscience et en Alimentation Intuitive.